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L’étape hormonale

  •  Le cerveau « hormonal »
  •  L’atout testostérone pour la femme comme pour l’homme
  •  Les jokers et atouts spécifiques de la femme

L’étape hormonale

Si l’ouverture du jeu du désir se fait au niveau psychologique, c’est au cœur du cerveau que les mécanismes physiques se mettent en marche. Tout d’abord par la stimulation hormonale dont le point de départ est au centre du cerveau, dans l’hypothalamus et dont la finalité est la sécrétion des hormones sexuelles par les gonades (testostérone testiculaire pour l’homme, estrogènes et progestérones pour la femme, mais aussi transformation d’une partie des estrogènes en testostérones). Le rôle de ces hormones, au delà de la différenciation des caractères physiques entre hommes et femmes, est en quelque sorte la mise en condition de tous les organes impliqués dans la reproduction et le plaisir sexuel : cerveau, organes des sens et organes génitaux. La fabrication continue de testostérones chez l’homme explique la permanence de son désir et la sécrétion cyclique des hormones féminines permet de comprendre les fluctuations du désir chez la femme.

Le cerveau « hormonal »

Le cerveau dit hormonal correspond à l’hypothalamus, structure située au centre et à la base du cerveau, prolongée par l’hypophyse, petite glande logée dans la base du crâne en arrière du croisement des deux nerfs optiques.
L’hypothalamus fabrique la gonadolibérine (GnRH) qui induit la sécrétion par l’hypophyse d’une seconde hormone (folliculo-stimulante et lutéotrophique ou FSH et LH). Celle ci est véhiculée par le sang vers les testicules, provoquant en continu chez l’homme la sécrétion de testostérones. Chez la femme elle induit la sécrétion d’estrogènes par les ovaires et l’ovulation dans la 1ère partie du cycle puis celle de progestérones par le corps jaune (reste de l’ovule expulsé) chez la femme dans la 2ème partie du cycle.
Ces hormones agissent sur le comportement par la mise en condition du cerveau, sur les organes des sens en renforçant et « sexualisant » leur sensibilité et sur les organes sexuels en tonifiant les tissus érectiles et sensitifs.

L’atout testostérone pour la femme comme pour l’homme

Aujourd’hui on sait que la libido est aussi chez la femme sous l’influence de la testostérone. Celle-ci est fabriquée par certaines cellules des ovaires et des glandes situées au-dessus des reins, les surrénales mais aussi par transformation au niveau de la peau des estrogènes en testostérones par une enzyme : l’aromatase. Par ce mécanisme la femme fabrique une quantité de testostérones de 60% équivalentes à celles de l’homme. C’est ce qui expliquerait que les femmes ménopausées, conservant une sécrétion résiduelle d’estrogènes suffisantes à alimenter la transformation en testostérones n’ont pas de baisse objective de libido et que le traitement substitutif à base d’estrogènes et progestérones n’améliore pas les troubles de la libido quand ils surviennent.

Les jokers et atouts spécifiques de la femme

  • Les fluctuations cycliques :
  • la phase pré-ovulatoire, dans les 14 premiers jours du cycle induit chez la femme un comportement de séduction, du à la forte sécrétion d’estrogènes. Puis à l’opposé à une tendance au repli sur soi dans la deuxième partie du cycle, du fait de la forte sécrétion de progestérone, hormone apaisant et équilibrant l’effet excitant des estrogènes. Les jours précédant l’apparition des règles peuvent être délicats du fait de l’effondrement des sécrétions hormonales induisant parfois un syndrome pré-menstruel (maux de tête, de ventre, gonflement).
    Atouts : votre médecin dispose aujourd’hui de nombreux moyens thérapeutiques permettant de réduire ces fluctuations
  • La grossesse :
  • La forte imprégnation en progestérone, nécessaire au maintien de la grossesse réduit très fortement le désir de la femme dans le premier trimestre de la grossesse et nécessite de la part de l’homme douceur extrême et patience. Par contre la porte est largement ouverte au cours des deux trimestres suivants où de nouvelles sensations peuvent même être expérimentées…
    Atouts : parlez-en à votre médecin qui pourra d’abord vous rassurer sur l’innocuité et les bénéfices d’une sexualité épanouie pendant la grossesse et vous orienter éventuellement vers des praticiens spécialisés disposant de techniques susceptibles de vous aider (haptonomie, sexologie…)
  • Le post-partum et l’allaitement :
  • C’est souvent une phase délicate pour la femme du fait des suites de l’accouchement, et il est important de bien prendre soin de rééduquer en douceur son périnée afin de le re-muscler et lui redonner du tonus.
    L’allaitement est induit et entretenu par la fabrication d’une hormone, la prolactine par l’hypophyse. Or celle-ci possède une action inhibitrice sur le médiateur cérébral principal du désir : la dopamine. Il n’est bien sûr pas question d’écourter l’apport par le lait maternel des anticorps bénéfiques aux défenses naturelles du bébé. Par contre il faut savoir que même après l’arrêt de l’allaitement une sécrétion résiduelle de prolactine peut persister et expliquer les faiblesses du désir de la femme
    Enfin, il est important que les conjoints soient conscients de la nécessité de réouvrir les voies psychologiques du désir par la parole et le temps partagé à maintenir une relation privilégiée, tout aussi indispensable à un développement équilibré de l’enfant que les soins et l’amour qu’on lui donne.
    Atouts :
    • votre médecin sera l’interlocuteur privilégié pour évaluer la nécessité d’une rééducation périnéale ou d’un médicament pour arrêter la fabrication de prolactine.
    • le chi-qong et toutes les techniques traditionnelles de gymnastiques énergétiques sont très intéressantes. Une thérapie de couple doit être envisagée si la naissance d’un enfant réveille pour l’un ou l’autre des blessures psychologiques de l’enfance non cicatrisées.
  • La ménopause :
  • les femmes sont souvent ménopausées au même âge que leur mère. Cette période se déroule plus ou moins progressivement en trois phases :
    • la pré-ménopause correspondant à une perturbation du cycle menstruel avec des règles irrégulières et de l’irritabilité liée à la chute de sécrétion de progestérone,
    • la péri-ménopause où la sécrétion d’estrogènes commencent à chuter ce qui se traduit par des bouffées de chaleur et des sueurs nocturnes
    • et la post-ménopause caractérisée par l’arrêt complet des règles. Mais il existe toujours une sécrétion résiduelle d’estrogènes par l’ovaire permettant une transformation en testostérone, ce qui explique que ménopause n’est pas forcément synonyme de perte du désir. Par contre il apparaît souvent des troubles physiques variables selon les femmes comme la réduction de la lubrification vaginale voire une sécheresse vaginale.
    Atouts : La mise en évidence récente du danger des traitements hormonaux (cancers du sein, accidents vasculaires) malgré leurs effets bénéfiques sur certains symptômes (bouffées de chaleur, fatigue, dépression, sécheresse vaginale, vieillissement de la peau) a sérieusement remis en question leur apport bénéfique/risque. Il reste néanmoins une place pour les estrogènes appliqués sur la peau (gels ou patchs) s'ils sont associés à la progestérone naturelle sous forme médicamenteuse si votre médecin le juge utile et ne détecte aucune contre-indication). Quant aux solutions dites naturelles, à base de plantes (isoflavones de soja surtout), elles ont été l'objet d'une analyse rigoureuse par les instances officielles et leur délivrance a été strictement délimitée. Elles sont considérées comme utile dès la pré-ménopause, les précautions à prendre étant au mieux définies par la consultation de votre médecin. Mais il faut savoir qu’aujourd’hui les femmes arrivent à la cinquantaine en très bonne santé, du fait de l’augmentation de la qualité des soins et de l’hygiène de vie qui se traduit d’ailleurs par une augmentation de l’espérance de vie et il leur reste en moyenne au moins 30 ans de vie après la ménopause. Leur pouvoir de séduction est amplifié par une grande aisance dans leur approche de la sexualité. Si elles vivent en célibataire plus fréquemment que les hommes c’est qu’il semble qu’elles acceptent l’abstinence sexuelle plus facilement qu’eux et donc que leur désir s’émousse plus facilement dans le temps. Il est donc important pour elles d’éviter le repli sur soi en se recréant une vie sociale, en investissant du temps dans les activités ludiques : vacances en club, cours de danse, … dans des lieux favorisant les rencontres. La poussée d’internet dans ce domaine semble permettre à un nombre de plus en plus important de personnes, femmes comme hommes de sortir de l’isolement.
  • L'âge mur:
  • Les seniors semblent d’après les enquêtes récentes plutôt satisfaits de leur vie sexuelle. Comme les quinquagénaires ils sont de plus en plus en bonne santé à 60, 70 ans, voire plus. Et c’est là aussi une question d’entretien de l’esprit et du corps. Ils voyagent, profitent pleinement de la vie et finalement participent beaucoup plus à la société que l’on ne veut bien le dire. Jokers : un maître-mot : le jeu. En effet, c’est dans une ambiance ludique que semble se dérouler leur sexualité. Peut-être même plus joyeuse que celle des jeunes. Le monde à l’envers quoi !.
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