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Plaisir et orgasme

  •  Les acteurs en présence
  •  La pente vers l’orgasme
  •  5 clés pour l’orgasme

Plaisir et orgasme

On pourrait comparer la montée du plaisir vers l’orgasme à un volant magnétique qui accélère progressivement puis atteint une vitesse où il se met à vibrer. C’est l’orgasme!

Les acteurs en présence

  • Le circuit cérébral de la récompense :
    il est largement décrit dans le chapitre précédent sur la relance neurologique. On pourrait comparer la montée du plaisir vers l’orgasme à un volant magnétique qui accélère progressivement puis atteint une vitesse où il se met à vibrer. C’est l’orgasme correspondant à une véritable douche du cortex cérébral par les médiateurs du plaisir: dopamine, endorphine et adrénaline.

  • Les 5 sens :
    • Le toucher : il est dit que l’amour nous fait retrouver la peau de sensation du bébé que nous avons été.
    • L’audition : cela semble être une gourmandise féminine, la femme étant très sensible aux paroles et à la voix grave de l’homme pendant l’amour mais aussi aux sons émis par les corps qui se flattent.
    • La vision : c’est apparemment un péché mignon masculin, les hommes adorant se voir et voir leur partenaire pendant l’amour dans une glace.
    • L’olfaction et le goût : on sait aujourd’hui que les glandes sudoripares, sécrétant la sueur fabriquent des substances odorantes les phéromones qui ont des vertus aphrodisiaques. Or les zones pubiennes en sont particulièrement riches. C’est probablement ce qui explique l’engouement actuel pour les pratiques bucco-génitales (cf enquête sur la sexualité des Français)

  • Les seins :
    • ils sont extrêmement sensibles chez la femme, dans leur intégralité, et pas seulement le mamelon dont la titillation intempestive peut même être très désagréable
    • les tétons sont tout aussi sensibles chez l’homme, la médecine traditionnelle chinoise les considère même comme des orifices et les femmes aiment souvent les sucer

  • Les organes sexuels : il n’est pas rare, même aujourd’hui, que les partenaires ne connaissent pas leur anatomie respective et perdent ainsi tout un potentiel de caresses et de jouissance.
    • Féminins :
      • les sécrétions vaginales révèlent l’excitation de la femme et sont nécessaires pour que la pénétration soit agréable et non douloureuse. Elles doivent être utilisées comme un tableau de bord pour l’homme. L’excitation féminine est beaucoup plus longue à venir que celle de l’homme : il faut mettre le programme sur « pré-chauffage » dirait Paul Dewandre, autrement dit de bons préliminaires. Rappelons que les caresses non-sexuelles sont les meilleures pour la femme.
      • l’érection clitoridienne : alors « quand le four est chaud » et que l’ambiance monte oui, le clitoris qui contient le même type de tissu que la verge, se dresse. Bien modestement certes et il faut savoir le repérer. Pour cela, pourquoi ne pas lui demander de vous le montrer et peut-être même de vous montrer comment elle le caresse dans ses moments de plaisir solitaire. Son extrémité est le plus souvent enfouie juste sous la commissure antérieure des grandes lèvres, en avant du méat urinaire et de l’orifice du vagin et sa base se prolonge tout autour des petites lèvres. C’est pour cela qu’il est aussi stimulé par la pénétration. Mais sachez qu’il est essentiel pour la jouissance féminine.
      • la zone sensible du point G : il existe une zone, à l’intérieur du vagin, dans son tiers inférieur et en avant, qui est pour beaucoup de femmes aussi sensible que le clitoris. C’est le fameux point G qui est de la taille d’une grosse pièce de monnaie. Sa position explique que la pénétration n’a pas forcément besoin d’être profonde pour le stimuler. On le sent et on le repère avec le doigt comme étant un petit renflement très sensible.
      • la participation de l’utérus à l’orgasme : oui, on ne le dit que rarement mais chez les femmes qui ont un investissement libidineux vaginal très fort ont souvent la sensation au moment de l’orgasme que leur utérus vibre et qu’elles en jouissent. Ce n’est pas qu’un fantasme, la musculature interne entrant alors en jeu avec des spasmes. Ce phénomène est signe d’une excellente santé sexuelle et d’une féminité accomplie. Le chi-quong, une technique de gymnastique chinoise est une aide précieuse pour cela.

    • Masculins :
      • la sensibilité de la verge : partie la plus sensible de l’homme en action, dont l’excitation peut être plutôt comparée à un chalumeau qu’à un four, il est tout de suite très chaud ! La sensibilité de la verge est surtout maximale au niveau du gland et en particulier sous le gland au niveau de ce que l’on appelle le frein et c’est là et non sur la base qu’il faut porter ses caresses et qu’elles doivent aboutir, qu’elles soient buccales ou manuelles. Sachez mesdames que la sensibilité varie selon que l’homme est circoncis ou pas. Si c’est le cas vos caresses doivent être plus vigoureuses car il est moins sensible que chez l’homme qui a conservé son prépuce qu’il ne faut pas hésiter à décalotter pour mettre le gland à nu.
      • la sensibilité testiculaire est très variable d’un homme à l’autre. Pour la plupart néanmoins les caresses manuelles douces sont bienvenues ou comme si on les soupesait.
      • la sécrétion et l’amplificateur prostatique, les vésicules séminales et l’éjaculation : il s’agit de glandes situées dans le bassin, en avant du rectum. La prostate sécrète le liquide dans lequel baignent les spermatozoïdes qui est stocké ensuite dans les vésicules séminales. Or le massage de ces glandes au moment de l’orgasme l’amplifie fortement. Mais pour cela il faut introduire un doigt dans le rectum et masser sa paroi antérieure, juste en arrière de la vessie.

La pente vers l’orgasme

Dans leur célèbre ouvrage "Les réactions sexuelles" (Human Sexual Response), le gynécologue William Masters et la psychologue Virginia Johnson définirent quatre phases d'une relation sexuelle:
Phase d'excitation
- Chez la femme :
  • Lubrification des parois du vagin
  • Augmentation du volume du clitoris
  • Érection des mamelons
  • Augmentation du volume de la poitrine
- Chez l'homme :
  • Érection


Phase de plateau
- Chez la femme :
  • Gonflement des seins et des mamelons
  • La respiration, le rythme cardiaque et la pression sanguine augmentent
  • Le gland du clitoris disparaît sous son capuchon (se rétracte)
  • Les petites lèvres gonflent et augmentent de volume
- Chez l'homme :
  • Augmentation de la circonférence du pénis
  • Élargissement des testicules ainsi que la poursuite de leur élévation tout près du muscle périnée
- Chez les deux sexes:
  • Rougeurs au visage, sur la poitrine ou dans d'autres endroits (avec toutes les variations individuelles)
  • Un rétrécissement du champ visuel et un rétrécissement du champ auditif
  • Un accroissement de la transpiration


Orgasme
  • C’est la conclusion de la phase de plateau par la relâche de la tension sexuelle, accompagnée d'une série de contractions musculaires rapides entourant les régions de l’anus, des muscles du périnée et des organes génitaux toutes les 0,8 seconde. Après les quatre à six premières, elles diminuent en force et en fréquence. Elle s’accompagne chez l’homme de l'éjaculation de sperme, et plus rarement de fluides chez les « femmes fontaines ».
  • L'orgasme chez certaines personnes s'accompagne de manifestations sonores plus ou moins intenses et plus ou moins discrètes (cris, soupirs, gémissements, etc.)
  • Lors d’une relation sexuelle, l’orgasme n’est pas systématique mais dépend de l’état psychologique, du lâcher-prise personnel et du partenaire. On peut avoir du plaisir de nombreuses fois au cours de sa vie sans jamais connaître l’orgasme.
  • La phase dite réfractaire ou de résolution désigne le temps pendant lequel il est impossible de jouir à nouveau. Une sensation euphorique généralisée est ressentie, qui sera dès lors accompagnée de la résolution de la tension sexuelle, d’un apaisement. Chez la plupart des sujets le clitoris/pénis est trop sensible après un premier orgasme pour une stimulation directe qui serait alors douloureuse.
    Cette période peut durer entre une minute et une demi-journée, dépendant de facteurs individuels.
    Pour la femme, la période réfractaire peut être beaucoup plus courte, de l’ordre de quelques secondes seulement. Elle peut aussi avoir plusieurs orgasmes clitoridiens rapprochés.
  • Les réactions psychologiques : différentes sortes d'émotions plus ou moins "heureuses" peuvent être ressenties après l'orgasme:
    • Positives
    • Un partenaire seul ou le couple entier peut ressentir la plénitude (de son union, avec le monde ou l'univers, etc.) parfois en se remémorant ce qui vient de se passer. L'amour est généralement associé à ce sentiment positif.

    • Négatives
      • On peut ressentir un sentiment de tristesse, de mélancolie et/ou de nostalgie (la fatigue et le stress peuvent y être associés), lié à la chute de l’effet des endorphines sur le cortex cérébral.
      • Il peut y avoir aussi un sentiment négatif voire d'échec si le rapport n'a pas été satisfaisant pour l'un ou l'autre partenaire. Suivant l'attente du couple face au résultat du rapport sexuel, ou s'il y avait un objectif de réussite trop ambitieux posé avant celui-ci. Par exemple, certaines personnes considèrent l'orgasme comme une expérience extatique obligatoirement associée au coït, voire un aboutissement complet de leur relation affective.

    Le sommeil

    La détente post-orgasmique des corps favorise le sommeil qui peut survenir après, si l'on y consent. Les hommes y sont fréquemment sujets mais pas toujours. Les femmes y sont sujettes aussi, mais dans une moindre proportion.

    Les pleurs féminins

    Des pleurs, de la part de la femme (elle y est plus sujette que l'homme), peuvent survenir spontanément et naturellement après un rapport sexuel, si la charge émotionnelle induite, la charge érotique physique, l'excitation sexuelle, ont été fortement ressentis durant le coït, surtout dans ses parties génitales. Il y a alors une sorte de retour, de relâchement de la tension, remontant du bassin de la femme vers la tête, provoquant du même coup cette réaction. Il n'y a pas lieu de s'alarmer alors. Sauf si la cause est d'origine traumatique et refoulée dans l'inconscient.

    La capacité multi-orgasmique

    Certains sujets présentent une possibilité multiorgasmique ce qui signifie qu’ils peuvent expérimenter plusieurs orgasmes à peu de temps d’intervalle les uns des autres. Ce phénomène est de loin bien plus courant chez les femmes que chez les hommes.
    Il est possible d’apprendre à développer une capacité multiorgasmique grâce à certaines techniques développées en sexologie. Cet apprentissage est délicat à mettre en œuvre car il est lié à l’apprentissage du lâcher-prise orgastique (pour ne pas tomber dans le travers de l’orgasme insatisfaisant). Cet apprentissage peut aussi aboutir à un orgasme prolongé pendant plusieurs minutes.

5 clés pour l’orgasme

Ces 5 clés : une respiration abdominale ample, des mouvements de bassin fluides, les cris naissant de la base du sexe, des points d’appuis fermes et l’abandon total permettent d’amplifier voire de retrouver l’extase de l’orgasme. Ils peuvent être travaillés par différentes méthodes, et au mieux à deux. D’où l’importance du dialogue pour créer un climat de confiance et en faire un jeu. Un jeu pour nous retrouver.
  • La respiration abdominale :
    • C’est dans la phase d’excitation que l’on peut avoir tendance à se mettre en apnée, à bloquer sa respiration. Tout simplement parce que cette phase met en contact des émotions que l’on cherche alors à contrôler.
    • C’est plutôt le moment d’utiliser sa volonté pour respirer avec le ventre, en le creusant à l’expiration et en le relâchant et le laissant se gonfler tout seul à l’inspiration.
    • Puis dans la phase de plateau, laisser sa respiration suivre librement les demandes du corps en oxygène.
    • Jusqu’à la respiration haletante qui précède l’orgasme.

  • Le mouvement :
    • Il est centré sur les mouvements de bascule du bassin, l’homme poussant, la femme tirant, ou l’inverse si la position est inversée.
    • Pour qu’il soit fluide la perte de contrôle doit être totale.
    • Il s’agit d’une véritable « pénétration » énergétique mutuelle.

  • Le cri :
    • Il naît de l’accélération de la respiration couplée à celle du mouvement.
    • Il part du sacrum, passe par le plexus solaire, le larynx (en relation énergétique avec le fond du vagin chez la femme et la base de la verge chez l’homme), et traverse le crâne.
    • C’est un cri génital de joie, du surprise, d’extase.

  • Les points d’appui et la force :
    • Ils assurent la sensation de sécurité nécessaire à l’abandon et sont les points d’ancrage de la vibration énergétique du corps qui aboutit à l’orgasme.
    • Si c’est une literie, elle doit être ferme.
    • Les supports mous rendent l’orgasme plus difficile à atteindre.
    • La prise du partenaire est aussi importante : les pieds, les genoux, le bassin, le pubis, les fesses, les épaules, le cou, la tête et les mains.
    • La seule force du contact avec l’autre est déclencheuse d’orgasme.

  • L’abandon :
    • On parle pour l’orgasme de petite mort car on a la sensation de ne plus rien maîtriser voire de sortir de son corps.
    • Il s’agit aussi d’une perte du moi dans la vibration commune.
    • Mais aussi d’être dans l’état d’abandon du nourrisson à la naissance, de laisser faire ce qui se passe.
    • Il est indispensable de se débrancher de la veille active, éviter « d’être dans sa tête » tourné vers le futur mais d’être présent au présent.
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